Les Bienveillantes

Mamzelle Potter

Auteur : Jonathan Littell
Editeur : Gallimard
Nombre de pages : 912p.
ISBN : 9782070780976
Prix : 28,50€ (papier) / 13,99€ (numérique)


«En fait, j'aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n'est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret ; grâce à Dieu, je n'ai jamais eu besoin, comme certains de mes anciens collègues, d'écrire mes Mémoires à fin de justification, car je n'ai rien à justifier, ni dans un but lucratif, car je gagne assez bien ma vie comme ça. Je ne regrette rien : j'ai fait mon travail, voilà tout ; quant à mes histoires de famille, que je raconterai peut-être aussi, elles ne concernent que moi ; et pour le reste, vers la fin, j'ai sans doute forcé la limite, mais là je n'étais plus tout à fait moi-même, je vacillais, le monde entier basculait, je ne fus pas le seul à perdre la tête, reconnaissez-le. Malgré mes travers, et ils ont été nombreux, je suis resté de ceux qui pensent que les seules choses indispensables à la vie humaine sont l'air, le manger, le boire et l'excrétion, et la recherche de la vérité. Le reste est facultatif.»
Avec cette somme qui s'inscrit aussi bien sous l'égide d'Eschyle que dans la lignée de Vie et destin de Vassili Grossman ou des Damnés de Visconti, Jonathan Littell nous fait revivre les horreurs de la Seconde Guerre mondiale du côté des bourreaux, tout en nous montrant un homme comme rarement on l'avait fait : l'épopée d'un être emporté dans la traversée de lui-même et de l'Histoire.


J'avais déjà entendu parlé de ce roman en cours de littérature à l'université, et dès que j'ai eu l'occasion, je me le suis procuré avec plaisir ! C'est un très long roman, il faut donc s'accrocher pour ne pas perdre le fil, surtout avec le nombre important de personnages qui vont et viennent !
Jonathan Littell nous met en scène l'antisémitisme lors de la seconde guerre mondiale du point de vue le plus proche, puisque le narrateur est un officier SS prénommé Maximilien Aue. En lisant avec ce point de vue, nous avons un phénomène assez intéressant et à la fois assez dérangeant je dois dire, car en lisant les atrocités qu'il nous décrit, nous avons envie de s'éloigner mais à l'inverse c'est comme si nous faisions parti des personnages et que nous devons, tout comme les autres présents, obligatoirement regarder ce qui se déroule devant nous par le biais de l’utilisation du discours qu'emploie l'auteur.
J'aime beaucoup le style d'écriture de Jonathan Littell, il ne mâche pas ses mots, allant jusqu'au plus dégradant en racontant la santé de Aue, mais aussi en passant par la violence avec une plume dure et sèche. Aucun détails n'est épargné au lecteur. Quelquefois, par contre, j'ai eu du mal à comprendre, par exemple quand Aue est dans ses délires, ou alors quand nous avons de longs monologues scientifiques correspondant à des domaines spécifiques comme la linguistique par exemple.
Ce livre arrive à nous faire réfléchir sur la position des Allemands lors de la seconde guerre mondiale, nous comprenons que tous n'étaient pas forcément des monstres, et qu'il ne faut donc pas faire de généralités.

Ma note : 14 / 20

Mamzelle Potter / Rédactrice du blog

Potterhead, j'ai toujours dévoré des romans. C'est donc naturellement que j'ai fais ce blog afin de partager avec d'autres passionés ! Je poste aussi sur Wattpad.

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