Et je prendrais tout ce qu'il y a à prendre

Par - 10:00:00


Auteur : Céline Lapertot

Genre : Contemporain


Nombre de pages : 224

Prix : 17.00€                          

Ma note : 17/20





Résumé : 

Imaginez l’histoire d’une violence. Celle que fait subir un père à sa fille, honteuse, intime, qui ne peut se dire ou qu’on ne veut pas entendre...
Et je prendrai tout ce qu’il y à prendre est l’explication du silence dans lequel Charlotte - dorlotée jusqu’à ses sept ans puis soumise aux sévices de son père - s’est enfermée. C’est la jeune fille de dix-sept ans qui révèle le secret de son enfance. Elle a tué et elle doit témoigner. Sous la forme d’une lettre ouverte adressée à son juge, elle raconte, elle revendique son acte et en assume la responsabilité. Après s’être tue pendant si longtemps, comment s’exprimer, comment trouver les mots pour faire comprendre l’inavouable, l’innommable ? Charlotte a décidé que ce ne sera pas par le son de sa voix que le juge l’entendra mais bien par l’écho que renverra sa confession manuscrite...
Et je prendrai tout ce qu’il y a à prendre bouleverse parce que Céline Lapertot a trouvé le rythme juste pour maintenir la tension dramatique qui en fait la force. Le lecteur reste auprès de Charlotte - Antigone moderne et fragile - à chaque instant. Il partage sa douleur, lui qui est le seul à la connaître...

Mon avis :

Je remercie la maison d’édition Viviane Hamy qui m’a gentiment fait parvenir cet ouvrage qui l’intriguait pour son sujet mais aussi pour ses références puisqu’il a été le coup de cœur du salon du livre du Mans. Ce fut une lecture intéressante, touchante et qui apporte une autre vision sur le sujet dont parle ce roman, c’est-à-dire la maltraitance de l’enfant puisque l’on suit Charlotte qui écrit au juge car elle a tué son propre père qui la maltraitait.

J’ai lu de nombreux témoignages sur la maltraitance des enfants, la plupart du temps ces romans s’arrêtent à la violence elle-même. Ici, Céline Lapertot va plus loin en racontant ce que vit Charlotte puisqu’elle est enfermé dans la cave et attaché à son lit par son père, alors qu’elle a une chambre à l’étage qui sert à ce père manipulateur à jouer la comédie lorsque des personnes viennent au domicile familial, et qui pour qui la reconnaissance sociale est importante. Mais son histoire, Charlotte la raconte de façon originale puisqu’elle écrit au juge, suite au fait qu’elle a tué son père. C’est quelque chose que je n’avais jamais rencontré jusqu’à maintenant et j’ai aimé cette originalité puisque sont inclus des phrases directement lancées pour le juge. Cela rend cette narration plus forte et je suis tout à fait d’accord avec ce coup de cœur de ce salon.

On est confronté durant la narration à la haine que porte Charlotte à son père manipulateur, violent avec elle et sa mère mais aussi, et là aussi c’est très intéressant, sa colère contre sa mère qui ne fera rien pour aider sa fille pendant ce supplice qui durera et même après. Bien sûr, avec le recul on peut essayer de trouver des circonstances atténuantes, mais on peut être aussi révolté face à ce silence trop lourd et être aussi indigné par ce manque d’appui envers sa fille après la délivrance qu’elle lui a tout de même offert. C’est très intense ce mélange d’émotions envers ces deux parents et ici l’image de la mère qui n’a rien de l’image protectrice que l’on incombe habituellement à ce personnage.

De plus, le lecteur est confronté au silence de Charlotte elle-même qui va subir pendant 10 ans cette violence parentale, les moqueries aussi de ses camarades et l’absence d’aide de ses enseignants. Je pense que c’est quelque chose d’intéressant puisque on a tous entendu des faits divers de la sorte en se posant cette question : « mais pourquoi elle n’a rien fait avant ? ». Ici Céline Lapertot apporte une réponse du à la manipulation paternelle et à l’exemple que lui donnait sa mère, mais aussi à cause de l’espoir, l’espoir que tout s’arrête un jour.

Vous aurez compris que c’est un roman fort par son originalité dans la narration mais aussi par les aspects que développe l’auteur qui apporte beaucoup d’émotions et un autre regard sur ce sujet même si ceci reste un roman et non un témoignage en lui-même. Je ne peux que le recommandé bien que certains trouveront que parfois la narration peut-être longue puisque certaines scènes se ressemblent mais je trouve que les émotions que l’on ressent sont plus importante et j’avais envie d’en savoir plus sur la rencontre avec le juge et tout simplement, la fin de l’écriture de Charlotte.  C’est un livre qui ne laisse pas indifférent, qui va en profondeur de l’âme du personnage principal, et pour un premier roman c’est très réussit !


« « J’ai eu faim toutes ces années. » Voilà ce que je vous écris, monsieur le juge. « Une faim de loup. Une faim d’amour à en crever.» »

« « J’en ai encore pour beaucoup d’années. Voilà ce que je vous écris monsieur le juge. « Je ne sais que faire de cet avenir, mais il m’appartient. » »


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