Interview avec Mickael Parisi

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Armony a pu poser des questions sur une de ses dernières lectures, Néant (dont la chronique est -ici-) à son auteur Mickael Parisi que nous remercions pour cette interview.




Question n°1 : Pourriez-vous nous dire quand et dans quelles circonstances vous avez commencé à écrire ? Qu'est-ce qui vous a donné l'envie ?

J'ai commencé à écrire lorsque j'ai commencé à avoir des professeurs au Lycée qui pensaient que je faisais écrire mes rédactions de Français par quelqu'un d'autre. J'ai toujours eu envie de choquer, et c'est ce qui m'a donné l'envie d'écrire par la suite.

Question n°2 : Sur quoi avez-vous commencé à écrire ?

 Sur rien. J'avais une ébauche de Néant il y'a plusieurs années mais elle n'avait strictement rien à voir avec le livre que vous avez lu.

Question n°3 : Faisiez-vous lire ce que vous écriviez ? Si oui, à qui ? Avez-vous été encouragé ?

Je fais lire à très peu de personnes ce que je fais. Le fait d'arriver à choquer et à faire rire ce petit cercle m'a poussé à continuer.

Question n°4 : Que lisiez-vous quand vous étiez enfant/adolescent ? Et maintenant ?

La passion de la lecture est venue en quittant le système scolaire. J'aime la littérature contemporaine Américaine : Bret Easton Ellis, Hubert Selby, James Frey, Charles Bukowski, John Fante, J.D Salinger. En France j'aime peu de monde à part Michel Houellebecq.

Question n°5 : Néant est-il le premier roman que vous publiez ?

Néant est bel et bien mon premier roman. 

Question n°6 : Pourquoi avez-vous publié en autoédition ? Quand avez-vous proposé votre manuscrit à un éditeur pour la première fois ? Vers quels genres d'éditeurs vous êtes-vous tourné ?

L'autoédition n'a pas été un choix, juste un lourd fardeau. Je déteste ce milieu, je hais les auteurs qui font partie de cet univers, je hais cette indépendance. Les maisons d'éditions ont été frileuses à l'idée de publier un livre aussi violent et atypique. Je suis comme la mère Juive de Requiem For A Dream, je veux défendre Néant à la télévision. Ne pas finir au Grand Journal pour le présenter serait un grand échec. 

Question n°6 bis : Si un éditeur vous demandait de supprimer ou de modifier votre texte de Néant pour qu'il puisse paraître, le feriez-vous? Si non, pourquoi ?)

Bien sûr, aucun souci à ça. C'est ce qui finira par arriver je pense.

Question n°7 : Poursuivez-vous malgré tout votre recherche d'éditeur ?

Je guette les opportunités...

Question n°8 : Lorsque vous écriviez Néant, aviez-vous déjà en tête l'idée de le publier ?

Oui, j'avais en tête de le publier. Puis Grand Journal. Puis le cul de Rihanna. C'aurait dû être la démarche logique. La réalité est que je dois limite lécher des culs pour un retweet.

Question n°9 : Vous rappelez-vous votre sentiment lorsque votre roman a été proposé au public ?

Mon sentiment était "Mangez ça dans la gueule" ^^

Question n°10 : Comment votre livre a-t-il été commenté au moment de sa sortie ? Avez-vous été étonné de cette réception ?

D'excellents retours, des compliments, des éloges, des superlatifs évoquant le génie... Ca a permis d'atténuer le logique échec commercial du livre inhérent à tout livre autoedité. 

J'ai été étonné que le livre passe aussi crème. J'aurais voulu me faire beaucoup plus insulter. 

Question n°11 : Si vous pouviez qualifier votre roman Néant en un seul mot, quel serait-il ?

Si je devais résumer "Néant" en un mot ? Honnête. J'ai été honnête dans mes propos et ma démarche.

Question n°12 : Parmi vos personnages, quel est celui dont vous êtes le plus proche ?

Je peux m'identifier à Marlon, mais je me sens tellement proche de Grant. Je le dis sans gêne, Grant est le meilleur personnage inventé de toute l'histoire de l'autoédition. C'est quelqu'un d'une franchise inouïe, avec une logique que peu de personnes possèdent, je pense que les gens l'aiment bien malgré les atrocités qu'il commet car c'est une personne vraie et entière.

Question n°13 : Pourquoi avoir choisi pour titre « Néant » ?

Néant, pour l'absence de valeurs, l'absence de repères, l'absence de morale. Puis c'est un mot qui revenait plusieurs fois dans le récit.

Question n°14 : Pensez-vous faire une suite à ce roman ? A écrire autre chose ?

J'ai commencé à écrire une suite sur Grant. Affaire à suivre...

Question n°15 : Est-ce que vous avez écrit ce livre pour une occasion particulière ou pour témoigner de quelque chose en particulier ?

 J'ai écrit ce livre seulement pour me défouler. 

Question n°16 : Quelle est la place de la lecture dans votre vie ?

La lecture avait une grande place dans ma vie. Au bout d'un moment lorsqu'on a pu lire tous les auteurs qui nous inspirent vraiment, cette passion s'essouffle. Je lis désormais très peu, peu de romans m'emballent. Je préfère regarder des séries. Ou voyager. J'aimerais également apprendre à écrire à mon chat : il ferait mieux que certains de mes confrères. 

Question n°17 : Avez-vous déjà aspiré à vivre de votre plume ?

 En vivre, non. J'aurais aimé un peu de reconnaissance pour Néant, pas pour l'argent mais pour la qualité de l'œuvre. 

Question n°18 : Écrivez-vous régulièrement ?

J'écris peu mais je prends souvent des notes.

Question n°19 : Dans quel état êtes-vous quand vous écrivez ?

J'ai déjà essayé de boire pour écrire : échec. J'ai déjà essayé l'écriture automatique : ça a marché quelques fois. Sinon, je suis dans un état normal, j'écris quand m'en prend l'envie.

Question n°20 : Vos proches/amis savent-ils que vous écrivez ? Si oui, comment considèrent-ils votre activité littéraire ? Lisent-ils ce que vous écrivez ? Si oui, leur donnez-vous votre manuscrit ou préférez-vous attendre la sortie du livre ? Quelles sont leurs impressions sur votre roman Néant ?

Peu de monde sait que j'écris. Par exemple je ne l'évoque pas sur Facebook. Si je passais à un stade professionnel, dans ce cas j'informerais tout le monde. J'aime le concret. J'aime les résultats. Ça me fait penser aux gens qui s'inscrivent dans une salle de sport et qui se postent régulièrement sur Facebook "au sport" "à la salle". Un an plus tard tu les vois, leurs corps n'ont pas bougé. A quoi bon parler ? Je fais tout en sous-marin.

Question n°21 : Pensez-vous que l'écrivain à un rôle particulier à jouer dans la société ?

Je pense que l'écrivain n'est d'aucune utilité dans notre société. C'est un clown et une salope. Il n'est là que pour divertir et que pour taper des coupes de champagnes gratuites au prix Goncourt. Les seules personnes utiles sont les gens qui agissent pour le bien d'autrui aux 4 coins du monde, et dont on ne parle jamais. Je suis écrivain, mais j'ai moi-même l'impression d'être un vendu. J'aime juste mon livre en fait. Et Houellebecq. 



Vous pouvez retrouver l’auteur ici et son roman ici

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